Cent soixante-neuf e-mails et six heures de réunion par semaine : les risques de l’« infobésité » au travail
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Si l’on additionne le temps passé en réunion, le traitement des e-mails et les tchats, le total atteint, par semaine, vingt-sept heures chez les dirigeants, dix-neuf chez les manageurs et dix chez les salariés non manageurs, explique dans sa chronique Jules Thomas, journaliste du « Monde ». Un rythme qui a des conséquences sur la santé mentale et la productivité.
Carnet de bureau. Arriver au travail. Rattraper les e-mails non lus la veille. Enchaîner avec un tunnel de réunions, pendant lesquelles on envoie des e-mails. Recevoir par mail, à la sortie de la réunion, un compte rendu généré par intelligence artificielle dont il faudra prendre connaissance… après avoir répondu aux e-mails reçus entre-temps. En moyenne, un salarié français reçoit 169 courriels par semaine, et en envoie 38. Il envoie aussi 110 messages sur des tchats internes, et passe six heures en réunion.
Le référentiel annuel de l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN), publié lundi 4 mai, pose des chiffres sur la sensation de noyade subie par de nombreux salariés. Pour ce faire, la start-up Mailoop, qui aide les entreprises à mesurer leurs traces numériques, a analysé les métadonnées 2025 des outils professionnels de 29 819 travailleurs membres de neuf organisations publiques et privées faisant partie de l’observatoire (Forvis Mazars, Caisse nationale des allocations familiales, Région Normandie…). Ce sont majoritairement des travailleurs du secteur tertiaire, issus du conseil et de l’audit et des services publics.
Pourquoi parler d’« infobésité » ? « C’est la traduction québécoise de l’anglais “information overload”, qui existe dans la recherche depuis les années 1960, explique Suzy Canivenc, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à Mines Paris-PSL et membre de l’OICN. On peut aussi parler de surcharge informationnelle, et cette surcharge se traduit par une hyperconnexion, avec des journées de travail qui débordent sur la vie personnelle, et une hyperréactivité, qui oblige à jongler entre tâches de fond et sollicitations permanentes. Ce qui fragmente aussi l’activité. »
Facteur numéro un de stress
En effet, la sensation d’être interrompu en permanence empêche de se concentrer sur son cœur de métier. S’il y a peu de différence selon les secteurs d’activité, les manageurs et les dirigeants sont les premiers concernés par cette surcharge. Les manageurs passent en moyenne entre onze et quinze heures par semaine en réunion. Si l’on ajoute le traitement des e-mails et tchats au temps passé en réunion, le total atteint vingt-sept heures chez les dirigeants, dix-neuf chez les manageurs et dix chez les salariés non manageurs.
« On considère souvent que ça n’est pas du travail alors que c’est faux, constate Arthur Vinson, fondateur de Mailoop. Mais vous ne verrez pas un manageur qui se dégage deux heures par jour pour répondre aux e-mails. »
Les interruptions répétées ont des conséquences sur la santé mentale et la productivité, ce qui force à réagir. « L’afflux de sollicitations numériques est le facteur numéro un de stress, estime Mathilde Le Coz, ex-DRH de Forvis Mazars, cofondatrice de l’OICN. C’est important de quantifier mais aussi de qualifier ces e-mails, qui parfois peuvent être plus violents que l’oral. Parfois le ton est inadapté, un mail qui commence par “Merci de…” avec tout le monde en copie est stressant. » Dans près d’un courriel reçu sur trois, le salarié n’est pas le destinataire, il est « en copie » ou membre d’une liste de diffusion.
« C’est un sujet assez invisibilisé, qui a encore peu sa place dans le dialogue professionnel dans les organisations, juge M. Vinson. Or c’est important de discuter sur la manière dont est perçu le fait de répondre à un grand chef tard le soir, par exemple : est-ce un signe de performance et de disponibilité à valoriser, ou un manque d’organisation et de respect ? »
Source : lemonde.fr
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Si l’on additionne le temps passé en réunion, le traitement des e-mails et les tchats, le total atteint, par semaine, vingt-sept heures chez les dirigeants, dix-neuf chez les manageurs et dix chez les salariés non manageurs, explique dans sa chronique Jules Thomas, journaliste du « Monde ». Un rythme qui a des conséquences sur la santé mentale et la productivité.
Carnet de bureau. Arriver au travail. Rattraper les e-mails non lus la veille. Enchaîner avec un tunnel de réunions, pendant lesquelles on envoie des e-mails. Recevoir par mail, à la sortie de la réunion, un compte rendu généré par intelligence artificielle dont il faudra prendre connaissance… après avoir répondu aux e-mails reçus entre-temps. En moyenne, un salarié français reçoit 169 courriels par semaine, et en envoie 38. Il envoie aussi 110 messages sur des tchats internes, et passe six heures en réunion.
Le référentiel annuel de l’Observatoire de l’infobésité et de la collaboration numérique (OICN), publié lundi 4 mai, pose des chiffres sur la sensation de noyade subie par de nombreux salariés. Pour ce faire, la start-up Mailoop, qui aide les entreprises à mesurer leurs traces numériques, a analysé les métadonnées 2025 des outils professionnels de 29 819 travailleurs membres de neuf organisations publiques et privées faisant partie de l’observatoire (Forvis Mazars, Caisse nationale des allocations familiales, Région Normandie…). Ce sont majoritairement des travailleurs du secteur tertiaire, issus du conseil et de l’audit et des services publics.
Pourquoi parler d’« infobésité » ? « C’est la traduction québécoise de l’anglais “information overload”, qui existe dans la recherche depuis les années 1960, explique Suzy Canivenc, chercheuse en sciences de l’information et de la communication à Mines Paris-PSL et membre de l’OICN. On peut aussi parler de surcharge informationnelle, et cette surcharge se traduit par une hyperconnexion, avec des journées de travail qui débordent sur la vie personnelle, et une hyperréactivité, qui oblige à jongler entre tâches de fond et sollicitations permanentes. Ce qui fragmente aussi l’activité. »
Facteur numéro un de stress
En effet, la sensation d’être interrompu en permanence empêche de se concentrer sur son cœur de métier. S’il y a peu de différence selon les secteurs d’activité, les manageurs et les dirigeants sont les premiers concernés par cette surcharge. Les manageurs passent en moyenne entre onze et quinze heures par semaine en réunion. Si l’on ajoute le traitement des e-mails et tchats au temps passé en réunion, le total atteint vingt-sept heures chez les dirigeants, dix-neuf chez les manageurs et dix chez les salariés non manageurs.
« On considère souvent que ça n’est pas du travail alors que c’est faux, constate Arthur Vinson, fondateur de Mailoop. Mais vous ne verrez pas un manageur qui se dégage deux heures par jour pour répondre aux e-mails. »
Les interruptions répétées ont des conséquences sur la santé mentale et la productivité, ce qui force à réagir. « L’afflux de sollicitations numériques est le facteur numéro un de stress, estime Mathilde Le Coz, ex-DRH de Forvis Mazars, cofondatrice de l’OICN. C’est important de quantifier mais aussi de qualifier ces e-mails, qui parfois peuvent être plus violents que l’oral. Parfois le ton est inadapté, un mail qui commence par “Merci de…” avec tout le monde en copie est stressant. » Dans près d’un courriel reçu sur trois, le salarié n’est pas le destinataire, il est « en copie » ou membre d’une liste de diffusion.
« C’est un sujet assez invisibilisé, qui a encore peu sa place dans le dialogue professionnel dans les organisations, juge M. Vinson. Or c’est important de discuter sur la manière dont est perçu le fait de répondre à un grand chef tard le soir, par exemple : est-ce un signe de performance et de disponibilité à valoriser, ou un manque d’organisation et de respect ? »
Source : lemonde.fr
@Raccoon Ca cest valable pour les gratte papiers, les improductifs comme je les appelle!!! Va voir si le macon, le boucher, le boulanger qui eux produisent de la rixchesse sont atteint de ce mal… La maladie c’est surtout la paperasse pour la paperasse qui a permis a des services entiers de naitre uniquement pour que soit geré des choses dont on pourrait se passer… Il est vrai qu’on surcharge beaucoup de gens avec de la paperasse qui finit par les detourner du coeur de leur metier… Redevenons lucide, allons a l’essentiel au lieu de se perdre en reunions qui ne menent a rien et en paperasse qui appellent d’autres paperasses…
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@Raccoon Ca cest valable pour les gratte papiers, les improductifs comme je les appelle!!! Va voir si le macon, le boucher, le boulanger qui eux produisent de la rixchesse sont atteint de ce mal… La maladie c’est surtout la paperasse pour la paperasse qui a permis a des services entiers de naitre uniquement pour que soit geré des choses dont on pourrait se passer… Il est vrai qu’on surcharge beaucoup de gens avec de la paperasse qui finit par les detourner du coeur de leur metier… Redevenons lucide, allons a l’essentiel au lieu de se perdre en reunions qui ne menent a rien et en paperasse qui appellent d’autres paperasses…
Ça c’est une réponse improductive @Termomix. De mon côté, ça me parle et je ne suis pas un gratte-papiers comme tu dis. Le maçon n’a, peut-être, rien d’autre à faire qu’à placer ses briques droites, mais sont supérieur doit déjà répondre des performances de ses subordonnés et ainsi de suite. Ton boulot est possiblement assez basique pour ne pas te sentir concerné par le sujet, mais je te prie d’arrêter de catégoriser quand, à priori, le sujet te dépasse.
Je te remercie @raccoon, le sujet à l’aire intéressant pour tous les N+1, les métiers du Droit, les administratifs, les métiers de l’Information, … etc. -
Ça c’est une réponse improductive @Termomix. De mon côté, ça me parle et je ne suis pas un gratte-papiers comme tu dis. Le maçon n’a, peut-être, rien d’autre à faire qu’à placer ses briques droites, mais sont supérieur doit déjà répondre des performances de ses subordonnés et ainsi de suite. Ton boulot est possiblement assez basique pour ne pas te sentir concerné par le sujet, mais je te prie d’arrêter de catégoriser quand, à priori, le sujet te dépasse.
Je te remercie @raccoon, le sujet à l’aire intéressant pour tous les N+1, les métiers du Droit, les administratifs, les métiers de l’Information, … etc.@Pluton9 idem j’ai été dans ce cas quand je travaillais dans le monde de la santé il y a quelques années. Je me tapais entre 4 et 8 heures de réunions hebdo + tout un tas de mails et comme toi je ne suis pas un gratte-papiers et j’étais loin de me tourner les pouces. Mon employeur m’avait même payer plus de 400 heurs supp’ une année. C’est entre à cause de cette charge de travail que je suis parti.
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Même si le fond est totalement différent, si la forme l’est un peu aussi -> papoter sur un forum est comparable à de l’infobésité, si ?
Surtout lorsque l’on doit traduire un texte monobloc

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@termomix Nous avons autant besoin des maçons, boulangers… que des “bureaucrates”'. Certes les tâches des employés de bureaux ne sont peut-être pas aussi visible que le mur du maçon, mais ils permettent de faire tourner notre société.
Alors oui, il y a des gratte papiers dans les administrations, tout comme il y a des fainéant sur les chantiers.
Aujourd’hui je me sens concerné par cette article de part mes fonctions et je trouve que mon travail a un intérêt pour la société dans la quelle je suis et pour les gens avec qui je bosse -
Même si le fond est totalement différent, si la forme l’est un peu aussi -> papoter sur un forum est comparable à de l’infobésité, si ?
Surtout lorsque l’on doit traduire un texte monobloc

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@termomix Nous avons autant besoin des maçons, boulangers… que des “bureaucrates”'. Certes les tâches des employés de bureaux ne sont peut-être pas aussi visible que le mur du maçon, mais ils permettent de faire tourner notre société.
Alors oui, il y a des gratte papiers dans les administrations, tout comme il y a des fainéant sur les chantiers.
Aujourd’hui je me sens concerné par cette article de part mes fonctions et je trouve que mon travail a un intérêt pour la société dans la quelle je suis et pour les gens avec qui je bosse@termomix Nous avons autant besoin des maçons, boulangers… que des “bureaucrates”'. Certes les tâches des employés de bureaux ne sont peut-être pas aussi visible que le mur du maçon, mais ils permettent de faire tourner notre société.
Alors oui, il y a des gratte papiers dans les administrations, tout comme il y a des fainéant sur les chantiers.
Aujourd’hui je me sens concerné par cette article de part mes fonctions et je trouve que mon travail a un intérêt pour la société dans la quelle je suis et pour les gens avec qui je bosse+1000

Il y a tout autant de fainéants dans tout les corps de métier, et sans gens dans des bureaux, le pays ne tournerait pas non plus…
Il faut de tout pour faire un monde.
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Idem, j’ai connu à une époque ce que maintenant j’appelle VDM.
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